
TVA sur la location de matériel : les règles à vérifier avant de facturer
Taux, acomptes, caution, clients étrangers et facture électronique : le guide du loueur événementiel.
Vous dirigez une entreprise de location de son, lumière, vidéo, mobilier ou matériel de réception ? Sur un devis événementiel, la TVA se joue rarement sur le taux. Elle se joue sur le type de client, sur les sommes encaissées avant et après l’événement et, depuis septembre 2026, sur le format de la facture.
Voici les règles qui s’appliquent dans les cas courants, et les quelques situations où l’avis de votre expert-comptable s’impose.
L’essentiel en quatre repères
20 %
Taux normal en métropole pour la location, le transport, le montage et le technicien.
0 €
De TVA sur un dépôt de garantie restitué. Celle d’un acompte est due dès son encaissement.
HT
Pour un client professionnel établi dans un autre pays de l’Union européenne, en autoliquidation.
2027
Émission des factures électroniques obligatoire pour les PME le 1er septembre. La réception l’est depuis 2026.
La location de matériel événementiel est-elle soumise à la TVA ?
Oui. Le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) rappelle que les locations de biens meubles corporels, neufs ou d’occasion, sont soumises à la TVA. Fiscalement, une location est une prestation de services : c’est ce qui fixe le moment où la TVA est due (à l’encaissement) et les règles applicables aux clients étrangers.
À savoir : la franchise en base
Une très petite structure dont le chiffre d’affaires de prestations de services ne dépasse pas 37 500 € HT (seuil majoré : 41 250 €) peut ne pas facturer la TVA. Ses factures portent alors la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Dès que le seuil majoré est franchi, la TVA s’applique à compter du jour du dépassement. La plupart des sociétés de location événementielle sont au-delà de ces seuils et facturent donc la TVA.

Quel taux de TVA appliquer sur un devis de location ?
En France métropolitaine, le taux normal de 20 % s’applique à la location de matériel événementiel et aux prestations qui l’accompagnent. Une ligne qui n’est que l’accessoire de la location, comme la livraison du matériel loué, suit de toute façon le régime de la location.
20 % sur tout le devis
- Location de son, lumière, vidéo, structures, mobilier ou vaisselle
- Livraison, reprise et transport du matériel
- Montage, démontage et installation
- Technicien, régisseur ou personnel mis à disposition
- Lavage de vaisselle, nettoyage et consommables vendus
Exemple de calcul
| Location du matériel | 1 000,00 € |
| Livraison et reprise | 150,00 € |
| Total HT | 1 150,00 € |
| TVA à 20 % | 230,00 € |
| Total TTC | 1 380,00 € |
Trois cas où le taux mérite une vérification
Outre-mer
Le taux normal est de 8,5 % en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion.
Nourriture et boissons
Fournies avec la prestation, elles relèvent de taux réduits.
« Assurance » ou « garantie casse »
Un forfait du loueur suit en principe la location à 20 %. La refacturation d’un véritable contrat d’assurance peut relever d’un autre régime.

Un devis sans « HT » ni « TTC » peut vous coûter 20 % de marge
Annoncez « 1 000 € » à un particulier ou à une association sans préciser HT ou TTC : le client comprendra 1 000 € tout compris. S’il paie 1 000 €, vous encaissez 833,33 € HT et reversez 166,67 € de TVA, pris sur votre marge.
Pour un particulier, le prix doit d’ailleurs être annoncé TTC. Indiquez toujours les deux montants aux clients qui ne récupèrent pas la TVA.
Client étranger ou événement hors de France : qui facture la TVA ?
Pour la location de matériel (hors véhicules, qui suivent des règles propres), le lieu d’imposition dépend surtout du client :
Professionnel établi en France
Facture : TVA française (20 % en métropole).
À contrôler : le SIREN du client sur la facture.
Professionnel établi dans un autre pays de l’UE
Facture : hors taxe, avec la mention « Autoliquidation ».
À contrôler : son numéro de TVA intracommunautaire (vérifiable sur VIES) et votre déclaration européenne de services.
Professionnel établi hors de l’UE
Facture : hors taxe, sans TVA française.
À contrôler : un justificatif de l’activité professionnelle du client.
Particulier, association ou collectivité (France ou UE)
Facture : TVA française.
À noter : c’est le cas même si l’événement a lieu dans un autre pays de l’UE.
À faire valider
Si vous assurez une prestation technique complète (sonorisation, éclairage ou régie avec vos techniciens) pour un événement à l’étranger, elle peut être imposable dans le pays où l’événement a lieu.
Acompte, caution, casse, retard : quelle TVA sur quelles sommes ?
Autour d’une même location, plusieurs sommes circulent. Elles n’ont pas le même traitement, et c’est leur fonction réelle qui compte, pas leur nom sur le devis (« caution », « dépôt », « arrhes » ou « acompte »).
Acompte versé à la commande
TVA due à l’encaissement
Bon réflexe : émettre une facture d’acompte (obligatoire si le client est un professionnel ou une personne morale), puis la déduire de la facture finale.
Dépôt de garantie (caution) restitué
Pas de TVA
La somme garantit le retour du matériel, elle ne paie pas la location. Bon réflexe : la suivre à part du prix, sans en faire une ligne de location.
Retenue pour casse ou matériel non restitué
En principe hors du champ de la TVA
Lorsqu’elle répare un préjudice, c’est une indemnité. Bon réflexe : justifier le montant (devis de réparation, valeur de remplacement).
Jours supplémentaires
TVA au taux de la location
Un retour tardif ou une prolongation, c’est un loyer. Bon réflexe : les facturer comme une ligne de location complémentaire.
Nettoyage ou lavage prévu au contrat
TVA à 20 %
C’est une prestation. Bon réflexe : l’ajouter à la facture finale.
Forfaits de casse ou de retard
La jurisprudence européenne soumet à la TVA certaines sommes fixées d’avance par le contrat. Si vos conditions générales en prévoient, faites relire leur rédaction par votre expert-comptable.
À quel moment la TVA est-elle due ?
Pour une prestation de services comme la location, la TVA est exigible à l’encaissement : acompte, solde ou règlement de la facture (voir le BOFiP sur l’exigibilité). Exemple d’une location facturée en juin et payée en août :
- Juin : vous émettez la facture de location. Aucune TVA n’est encore due.
- Août : le client règle la facture.
- Déclaration d’août : la TVA de ce paiement se déclare sur cette période, pas en juin.
Votre suivi doit donc rattacher chaque encaissement, acomptes compris, à la bonne période. Si votre société a opté pour le paiement de la TVA d’après les débits, la taxe est due dès la facturation, et cette option doit figurer sur vos factures (« Option pour le paiement de la taxe d’après les débits ») : c’est l’une des nouvelles mentions liées à la facture électronique.
Facture électronique : ce qui change pour vos factures de location
La réforme entre en vigueur en deux temps, avec une plateforme agréée pour recevoir et émettre les factures :
1er septembre 2026
Toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et les ETI doivent aussi les émettre.
1er septembre 2027
Les PME et les micro-entreprises doivent à leur tour émettre leurs factures en électronique et transmettre leurs données d’e-reporting.
Pour un loueur, trois points touchent directement la facturation :
- Clients professionnels français : les factures passent par une plateforme agréée, dans un format structuré (Factur-X, UBL ou CII). Une facture transmise ne se corrige plus comme un PDF : les erreurs de TVA doivent être repérées avant l’envoi. Les organismes publics restent facturés via Chorus Pro.
- Particuliers et clients étrangers : pas de facture électronique, mais un e-reporting. Les données de transaction et de paiement sont transmises à l’administration.
- Quatre nouvelles mentions obligatoires : le SIREN du client, la nature de l’opération (prestation de services pour une location, ou opération mixte si vous vendez aussi du matériel), l’adresse de livraison si elle diffère de celle du client, et l’option pour les débits le cas échéant. Elles suivent le calendrier de l’émission : septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, septembre 2027 pour les PME.
Le calendrier complet est détaillé dans notre article Ce qui a changé au 1er septembre 2026 et sur la page facture électronique avec Factsyst.
Checklist du gérant avant d’envoyer un devis ou une facture
- Régime : votre société facture la TVA (cas général) ou relève de la franchise en base.
- Client : professionnel ou particulier, établi en France, dans l’UE ou hors UE ; SIREN ou numéro de TVA intracommunautaire vérifié.
- Montants : HT et TTC clairement indiqués, surtout pour un particulier ou une association.
- Lignes : location, transport, montage et technicien à 20 % en métropole ; assurance, restauration ou outre-mer traités à part.
- Sommes encaissées : acompte facturé et déclaré à l’encaissement ; caution suivie à part du prix.
- Retour du matériel : jours supplémentaires et nettoyage facturés avec TVA ; retenue pour casse justifiée.
- Facture : mentions obligatoires, nouvelles mentions de la facture électronique, « Autoliquidation » ou « art. 293 B du CGI » le cas échéant.
Relier devis, mouvements de matériel et facturation

La plupart des erreurs de TVA naissent d’un décalage entre ce qui a été chiffré, ce qui est parti, ce qui est revenu et ce qui est facturé. Un retour tardif, une casse ou une option ajoutée sur place doivent se retrouver sur la facture finale, au bon taux.
Dans Locasyst, la caution est enregistrée dans l’affaire, à part du prix, et les forfaits de prestation, de transport et d’assurance s’ajoutent au devis. Les factures d’acompte, finales ou groupées partent de l’affaire, sans ressaisie. Le module Factsyst, inclus dans les formules Optimale et Intégrale, ajoute le suivi des règlements, l’échéancier, les relances et l’export vers la comptabilité. Il génère aussi les factures électroniques au format Factur-X, contrôle les données obligatoires et les transmet via la Plateforme Agréée SUPER PDP.
Pour aller plus loin : la gestion des devis et de la facturation, le module Factsyst, le parcours du matériel événementiel entre départ et retour et la gestion des locations.

Demandez une démo de Locasyst pour voir le circuit complet, du devis à la facture électronique.
Questions fréquentes sur la TVA en location événementielle
La location de son, lumière ou mobilier est-elle soumise à la TVA ?
Oui. La location de matériel est une prestation de services soumise à la TVA, au taux normal de 20 % en France métropolitaine. Seules les entreprises en franchise en base ne la facturent pas.
Le transport et le montage sont-ils aussi à 20 % ?
Oui, en métropole. Livraison, reprise, montage, démontage et technicien mis à disposition sont taxés au taux normal, comme la location elle-même.
Quand dois-je déclarer la TVA d’un acompte ?
Sur la période où vous l’encaissez. Si vous avez opté pour le paiement de la TVA d’après les débits, elle est due dès la facturation.
Faut-il facturer la TVA sur une caution ?
Non, tant qu’elle est restituée : elle garantit le matériel, elle ne paie pas la location. Une retenue pour casse est en principe une indemnité hors du champ de la TVA, alors que des jours de location supplémentaires sont taxés.
Comment facturer un client professionnel belge ou allemand ?
Hors taxe, avec la mention « Autoliquidation » et son numéro de TVA intracommunautaire. Le client déclare la TVA dans son pays ; de votre côté, l’opération figure sur la déclaration européenne de services.
Mes factures de location doivent-elles déjà être électroniques ?
Depuis le 1er septembre 2026, vous devez pouvoir recevoir des factures électroniques. L’émission est obligatoire depuis cette date pour les grandes entreprises et les ETI, et le sera le 1er septembre 2027 pour les PME et les micro-entreprises.
Sources officielles
Sources consultées le 5 novembre 2026.
- BOFiP — Locations de biens meubles corporels et champ d’application de la TVA.
- BOFiP — Fait générateur et exigibilité de la TVA.
- Impots.gouv.fr — TVA des professionnels et franchise en base.
- Impots.gouv.fr — Je découvre la facturation électronique.
Ce contenu est informatif et ne remplace pas un conseil fiscal personnalisé. Pour une opération à l’étranger, une offre groupée avec assurance ou restauration, ou une clause de casse forfaitaire, demandez l’avis de votre expert-comptable.
